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Contraintes liées à l'usage de l'oxygène en Mission

 

Contraintes logistiques de l’administration de l’OXYGÈNE (O2) en mission extérieure

 

 

Thomas Guerzider Infirmier Anesthésiste D.E.

 

 

 

La pratique courante de la médecine pré-hospitaliere française sur le territoire national requiert quasi systématiquement l’usage de l’oxygène (O²), que ce soit en inhalation ou comme gaz propulseur dans les respirateurs séquenceurs de débit (Oxylog®, AXR1®, Médumat®t etc…). En situation de catastrophe, en mission extérieure comme en mission aéroportée d’évacuation l’emploi de l’O² pose un certains nombre de problèmes techniques qu’il faut prendre en compte. Il faut alors considérer l’O² comme une ressource précieuse dont l’emploi doit être raisonné et la gestion extrêmement rigoureuse. Par ailleurs il est important de toujours avoir à l’esprit l’autonomie dont on dispose en fonction des différents matériels d’oxygénothérapie.

 

a - mission aéroportée d’évacuation.

Utiliser de l’oxygène dans un aéronef impose d’utiliser un matériel agréé par la compagnie ou le transporteur. Les contenants hospitaliers classiques ne sont pas autorisés dans la plupart des cas, ce qui implique de recourir à des dispositifs spéciaux :

    • la bouteille O² aéronautique et les « Kit O² » ces dispositifs sont les plus proches de ceux qu’on peut retrouver en milieu hospitalier. (contenance de 1440l environ)

    • le dispositif d’inhalation a la demande. disponible sur Air France destiné au passagers assis nécessitant une adjonction légère en O² ; (mis a disposition par la compagnie aérienne)

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3 - les concentrateurs d’o² (type inogeneone®), agréé par certaines compagnies (se renseigner au préalable) ce dispositif individuel et personnel permet de concentrer l’oxygène et de délivrer en continu jusqu’à 5 litres d’O² au lunettes ou au masque ; ne convient pas à l’usage de masque haute concentration, BAVU, ou aérosol. Fonctionne sur batterie interne jusqu’à 3h en fonction du débit demandé. (nécessité de prévoir les batteries en conséquence même si il existe une possibilité de se raccorder sur une source extérieure)

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b - mission extérieure et/ou en situation de catastrophe.

Il n’existe pas d’oxygène transportable par voie aérienne sous la forme hospitalière classique, sauf dérogation exceptionnelle, dès lors il s’agit de s’adapter

  • utilisation des ressources locales : en situation de catastrophe, y compris dans les pays les plus développés, l’approvisionnement devient rapidement un soucis, il peut se poser également le problème de la compatibilité des connectiques hors du territoire français. Les indications doivent être parfaitement posées et mesurées afin d’éviter tout gaspillage de la ressource.

 

  • La concentration d’O² (cf inogeneone ®) en inhalation ou sur respirateur à turbine avec adjonction d’o², peuvent être envisagé, pour peu que l’on dispose d’énergie suffisante, sans pour autant prétendre aux performances d’une source O² hospitalière.

 

  • Production par tamis moléculaire type DOS (deployable oxygen system ) d'AIR LIQUIDE® : il s'agit d'un dispositif de production d'oxygène pur a 93,9% qui permet de raccorder 3 respirateurs sur des connectiques 3bars ou de distribuer 45l/mn d'O². Il ne peut fonctionner qu'en partenariat avec un compresseur électrique nécessitant une énergie équivalente à 10kwA. Des pistes de développement sont en cours sur la possibilité de d'intégrer un compresseur thermique afin de s'affranchir des contraintes énergétiques.

- D'un volume conséquent ( 1m x 0,90 x 1m hors compresseurs) l'usage est possible par grand chaud et grand froid) et d'une maintenance réduite, ce dispositif ne peut actuellement s'intégrer que dans le cadre d'un poste médical avancé lourdement équipé.

- Les tamis moléculaires (concentrateurs) sont en plein développement et vont certainement apporter des solutions encore plus intéressantes dans les années a venir en terme de miniaturisation et de consommation d'énergie voire de coût.

 

 

 

 

Savoir s'adapter:

Usage raisonné / ressource limitée / contrainte aéro / équipement lourd et coûteux (tamis) / obligation de connaître les méthodes de travail sans oxygène. Le mieux c’est de savoir s’en passer.

 

L'oxygène est donc une ressource précieuse. Si les solutions existent et sont courramment mise en œuvre pour les évacuations aéroportées par l'usage de « Kit O² » ou autre dispositifs, il convient de toujours considérer l'autonomie dont on risque d'avoir besoin.

 

L'usage de l'O² en situation de catastrophe, reste lui plus problématique du fait de rapides pénuries possibles, il doit être raisonné, ses indications doivent être particulièrement réfléchies et toujours en rapport avec la disponibilité du produit. 

 Par ailleurs il convient de connaître les méthodes de travail sans oxygène et au final d'être capable de s'en passer, pour ne réserver son usage qu'à de brefs cas critiques.

 

 

Thomas Guerzider

Infirmier Anesthésiste D.E.

Responsable paramédical de la plateforme sanitaire et logistique nationale PSM3

Hôpital Henri Mondor AP-HP Créteil

et réserviste sanitaire EPRUS, encadrant-formateur

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 31/01/2016

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